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Le fils prodigue, ou une histoire d’humilité

Comment qualifiez-vous un héros ?
Est-ce cet homme qui brave tous les dangers sans jamais trembler ?
Est-ce celui qui remporte victoire après victoire ?

Ou est-ce celui qui a le courage de reconnaître ses erreurs et de s’humilier ?
Est-ce celui qui refuse d’abandonner même quand tout semble perdu ?

Personnellement, je préfère ces deux dernières définitions.
Alors, si vous le voulez bien, suivez-moi dans le récit du fils prodigue pour en faire une lecture sous un angle nouveau. (Luc 15 :10-32)


Le fils est un jeune homme fougueux, qui aime les plaisirs de la vie. Il préfère les fêtes entre amis aux moments en famille. La parabole ne dit pas quelles relations entretenaient le père et le fils. Mais ils ne devaient pas être très proches. Le jeune homme a peu d’égard envers son père, qui a travaillé toute sa vie pour obtenir une situation financière confortable. Il se montre terriblement irrespectueux et lui fait l’affront de lui demander sa part d’héritage de son vivant.


Puis, il s’en va … on pourrait même dire qu’il s’enfuit, loin de cette maison où il se meurt d’ennui, imaginant que l’herbe est beaucoup plus verte ailleurs. Oui, les premiers mois de cet exil sont grisants. Il fait des folies et va jusqu’au bout de ses désirs les plus inavouables. Mais à force de jouer, on se brûle inévitablement.
Les poches se vident, les faux-amis s’éloignent, les rires s’estompent. Puis, la solitude et la faim se font sentir. Après avoir vécu dans l’insouciance et l’inconscience, il faut maintenant survivre. Et là, dans la nuit la plus sombre, les remords naissent.


Combien d’entre-nous avons expérimenté ces folles échappées, ces décisions contre vents et marrées ! Pourtant, nos proches et amis nous avaient prévenus. Mais nous n’avons pas voulu écouter. Et là, c’est l’échec, la déception !


Loin des siens, personne ne sait ce que vit le jeune fils prodigue. Il est seul et sa douleur est immense. Et là, entre déception et honte, dans un ultime élan de courage, il décide de jouer le tout pour le tout : retourner et s’humilier auprès de celui qu’il a offensé : son père. Son pays lui manque.
Soyons honnêtes ! Est-ce que dans une telle situation, vous seriez retourné chez vos parents ?

Il a déçu son père et certainement brisé le cœur de sa mère. Rares sont les enfants qui oseraient refaire le chemin dans l’autre sens ou simplement passer un coup de fil pour exprimer leur détresse. Il entend déjà les reproches et les « je t’avais pourtant bien dit ! ». Mais il est prêt à affronter tout cela ! C’est une démarche peu commune.


J’en connais plus d’un qui ne se serait jamais « abaissé » à pousser à nouveau la porte de la maison.
Nous avons tous en tête ces jeunes qui errent dans nos rues, ces personnes sans domicile fixe qui dorment sur le trottoir. Le plus surprenant est que dans la plupart des cas, ils ont une famille, mais cette dernière ignore leur situation. Ils pourraient demander de l’aide, mais ils se l’interdisent. Ainsi, ils restent dans une misère sans nom, quitte à en mourir, plutôt que de se montrer vulnérables aux yeux de leurs proches.


Il apparaît que ce jeune homme a une sacrée force de caractère ! Une assurance sans égal pour claquer la porte, mais aussi une capacité de remise en question qui force le respect.
Malgré tous ses manquements, ce jeune homme finit par devenir un héros des temps modernes. Quelqu’un qui n’a pas peur de se montrer tel qu’il est, qui a la franchise de reconnaître ses erreurs et de demander pardon. De telles qualités se font rares de nos jours.


Au-delà de son attitude irresponsable, le fils prodigue nous donne une leçon de vie.

« Avant la ruine, le cœur de l’homme s’élève ; Mais l’humilité précède la gloire. »

Proverbes 18 : 12

À propos de l’auteur

Guilene B.